12 février 2010
au cœur de moi
bouillonne
la source du mal
à la moindre plaie
s'échappe son jus amer
se répand son fiel
fuyez-moi
je me nourris de souffrances
je pose mes pièges
me nourris de vos larmes
il ne faut pas se frotter
il ne faut pas m'agiter
je renferme un démon
un explosif fatal
je souffre de ne pas souffrir
je n'ai plaisir que dans son absence
perversité de pantin
la triste figure de satan
projette son envie
de venins
il faut me pousser dehors
me jeter
me laisser seul
avec mes mois
avec mes doubles aux rictus jaunes
qui cherchent dans le souterrain
l'homme exsangue
Je ne sais plus aimer
je suis sec
pourtant
je m'apitoie parfois sur le sort
de mes victimes molles
femmes au coeur brisé
aux trajectoires corrompues par la rencontre
espérons qu'elles revivent
sous d'autres amours
moins pernicieux
il ne faut plus nourrir mon monstre
il faut qu'il meurt de faim
il faut la solitude la plus totale
la plus radicale
le plus noire
les nuits glacées
les nuits d'ennui
pour qu'il meurt à son tour
ou que je meure
je ne sais pas
qui gagnera
je ne sais pas qui parle
lui ou moi
et si ce que j'appelle moi
n'est pas une émanation de lui
un double de lui
si je ne suis pas sous un autre jour
le seul et véritable monstre
il court au bois, aboie le loup rupture de la langue
et pourquoi pas ? Il se demande s'il survivra
barrage, tirs de police.
A l'aide, crie-t-il dans les moindres recoins
de la pénombre
Mais on peut s'évertuer on ne l'entend
et c'est un affreux glou-glou qui lui coupe le
sifflet, ses tripes sous la lame s'agitent.
Sors le sang, giclées absorbées par
la terre. Sur son pal, il meurt
et c'est tant mieux.
fils du renard, peine contre peine
appartient au passé
le vent comme ambition
le flou, les brumes évanescentes
et le silence
Une autre race est née
que je ne comprends pas
oublié
je ne voulais pas survivre
mais le démon renard en décide autrement
comme quoi il s'agite celui-là
10 février 2010
oublier son nom,
le nom
même
le son du monde
revenir aux origines
puiser dans le néant
la force d'y rester
Je suis sourd au plaisir
à la vague langue de ciel bleu
Insensible
en douceurs
seule la douleur délimite, individualise et me fait exister
jamais le plaisir
Seul
Je m'ennuie en ma Compagnie oiseuse.
Il faudra que cela cesse.
Que cela craque, que je me sépare de moi-même.
Immonde.
06 février 2010
Je me demande si le nombre n'égale pas la folie
si les druides odieux
au lieu
de délirer en deux
en dieux idiots ne feraient pas mimi
mieux de miauler aussi
de joujou jouer le jeu
je proteste, je paillette, j'obtempère
j'obtiens le ton au cours du temps
le diplôme suit
j'y suis j'y reste
autant prendre la place
prendre la la pose
popo
poseur de bombes
autant y rester
sans l'ombre
du plus grand nombre
seulement seul
caché
fâché
fauché
la faucheuse dort
entre ses pattes sa tête tombe
sexe mou
balancement
souffle de vent
je bande encore devant la mort
et je la tranche
comme on prend femme
comme on éjouit en somme
en somnambule
contre la porte d'un vase clos
je perds
le nord
les bouts de varices
celles des haridelles
me causent les palisses
qui entourent la mer
et demandent pardon
d'avoir omis mon nom
quand l'océan s'ouvrit
une journée après
cette après midi
03 février 2010
le soleil du matin
se répand
s'étale
bave
il impose
son insupportable bonne humeur
dégueulasse
vraiment
j'ai connu bien des hommes
des vilains de passage
des manants au coeur rustre
des imposteurs de l'âme
des hommes s'appellent-ils
les dents qui se détachent
l'haleine insupportable
leur sort de basse fosse
leurs coucheries horribles
sans virevoltes magiques
sans tire-langues éclatants
leurs malsaines façons
d'oublier les poètes
leur esprit sans amour
ils unissent, ils parlent
mais oublient que leur poutre
n'égale en rien la mienne
l'humanité
à des airs englués
des relents assassins
de boucs-émissaires communs
Seigneur !
vous n'avez su nous noyer
trouvez donc la vérole et brulez toute cette lie
ne venez plus nous sauver
ne parlez plus d'arches ou d'anciens sortilèges
quelle crasse, quelle honte
nos médiocres pensées
nos savoirs oubliés
nos hontes exposées
pourquoi persister ?
sors le renard de sa loge
débusque la marionnette
s'agite la tête
les bras tremblent
au bout
à la fin
le fil craque
sous les crocs roux
à l'angle de la forêt
un pantin mort
étale son entêtement de premier enfant roi
- s'en prendre au démon ! -
à la fenêtre du village
à la porte de l'apothicaire
s'empêtre le long soleil du matin
et sur les devantures
aux kiosques à journaux
son nom comme une litanie sauvage
épouse les formes plates
j'irai aux frondaisons, seul
regarder la pâture
et punir le traitre roux qui a prié à l'envers
contempler le soleil qui s'agite dans son sang
enlever aux héros
le reste de la peau
un semblant d'étoffe
en souvenir des rois
01 février 2010
d'urgence je me pose
j'ai mal en bas de moi
aux hanches un crocodile
le saurien me mange
un crocodile au hanches
hip hip hip
chante que c'est dimanche
pas tous les jours
mais quelle chance
un crocodile anglais
d'urgence je descends
j'ai mal aux zérecteurs
le dos tout détraqué
comme matraqué
par une armée d'élans
un élan dans le dos
back back back
chante la nostalgie
celle des longs dimanches
où l'on peut taquiner
l'élan lent laid
j'ai mal au paradis
parfois je m'y ennuie
je voudrai être Dieu
mais comme il est trop petit
j'ai fini par l'manger
25 janvier 2010
viendras-tu ?
demain
voir que je pense à toi ?
18 janvier 2010
amie
tu es ma muse sais-tu ?
je n'écris quasiment que pour toi
mais je sais, je sais
ne fais pas ta coquine
ne fais pas ta boudeuse
je ne parle que d'elle ...
aime-la
puisque je l'aime !
comme tu aimes
le monde criaillant
les hommes qu'ils soient blessés
ou farouches
les femmes aux banales jalousies
aux rivalités louches
les peintres déhalées
les peintresses amoureuses
les fils de je ne sais qui
les enfants des pourquoi
un qui te protège
un autre qui n'est plus là
un matador de collège
un carnaval de rois
un mari sans cesse en peine (on ne sait plus pourquoi)
et un père
qui rit aux truffes pleines
le monde est un émoi
posé mon orgueil
posé ma colère
posé mes rictus de haine
posé mes rires de hyène
vivre à ses cotés
je m'apaise
étrange incompréhension
sentir l'estuaire
ou le fleuve s'étend à l'approche de la mer
se dissoudre
sans douleur
comme une bénédiction
et exister quand même
est-ce une autre illusion
ou bien enfin la paix
(au moins quelques semaines !)
s'il vous plait
s'il vous plait
...
12 janvier 2010
méthodique
rythmique
classique
on balance aux sépultures
des banderoles maquillées
de larmes
de banderilles de foire
des pauvres abris
on s'obligera
saouls
à danser aux rebords
et tomber
pfuit
un oiseau s'endort
sous la pluie
il fait si froid
écrasé au sol
le corps psalmodie
une dernière danse
méthodermique
cataleptique
épileptique
et puis
pfuit
un spasme de glaise
et le froid si fort
au milieu de nus anciens
une route s'ouvre
et mène aux calmes
le monde des mains
celui des parfums et des corps
s'oubliera en ruines
rien ne recouvre le sable brulant
que la poussière d'un sable brulant
mon amie
ouvre tes mains
laisse au vent le trouble désir
de passer en tes doigts
rentre au lieu dit
au lit coutumier
au contour de l'époux qui t'a bercé
et allume le souvenir de moi
comme on on se rappelle les révolutions anciennes
les noirs processions inscrites aux liturgies païennes
d'esclaves emmiellés pour les sacrifices du nombre
je ne suis plus ce que tu as connu
je suis un fruit
pas un ange
lourd
et sucré
qui
va
choir
à regarder le ciel
que personne ne prenne ombrage
de mots qui savent la distance
et lointains
si
il n'y avait pas la confuse et vague
notion
de ces jalousies perfides
de ces liquidités bancales de l'âme
je parlerai de toi
de cet amour
qui ne s'épanouira plus
qui ne bougera pas plus que l'entrelacs que l'on contemple
tracé par le peintre sur la poterie retrouvée dans le sol labouré
qui ne vivra plus
que dans les sages souvenirs
ou dans la transformation de l'amour en amicale tendresse
08 janvier 2010
qui es tu lecteur d'amiens ?
toi mon quasi seul lecteur,
à part une femme fleur qui parfois retombe dans mes filets de mots
personne ou presque ne connait ce lieu !
c'est intriguant de voir que tu te connectes deux à trois fois par jour sur mon blog inconnu, depuis quelques semaines !
qu'y attends tu ? qu'y cherches-tu ? que trouves tu ? qui es tu ?
un rapport avec Besançon ? Nice, la Floride, le désert, le désespoir ?
tu peux me répondre en envoyant un message
trialvincent (at) orange.fr
Ca m'interloque, poc.
06 janvier 2010
amicalement
si tu m'es éternelle es-tu mon amie
ou un bras, un ventre
une inclinaison douce ?
si tu es mon amie
sans jamais jouir des corps
n'es-tu pas un amour ?
une autre forme de mots
sans embrasser ta bouche
mais en pensant parfois à emmêler nos souffles ?
tu me manques ma mie
tes angoisses futiles
ton rire comme un fil
ton sérieux petit air
tes gentils seins du jour
et tes histoires de sud ou coule encore le ciel
je pense à toi
comme une soeur de coeur
comme une partie de moi
comme une autre Unique
car nous sommes des Uniques
volte
bancale balançoire
il suffit qu'il n'y ait plus qu'elle et moi
nos deux coeurs
nos corps
et tournent les pages feuilletées de vent
j'aime encore l'effleurer
la toucher
j'aime
encore,
tu le sais toi mon amie éternelle
tu la connais ma fragile chanson
tu en fus la comète le temps d'une saison
finalement
ce n'est pas elle qui aiguise mes appétits de fuite
mais les autres et leurs rondes
et leurs mots
et les enfants sauvages qui crient sur la route
et les pierres lancées
et juste de devoir faire son devoir
j'aimerai mieux nous enfuir elle et moi
mais il y a ceux venus de nos ventres
que l'on n'oublie pas
restons en là
je ne sais plus d'autres mots
je dis que j'aime pour mieux me faire comprendre
mais je ne sais pas ce dont il est question
fragile équilibre créée par le monde
un mode de l'alliance
une façon
mais alors
pourquoi ce calme en moi quand sa main sur mon ventre
je ne sais pas et personne ne sait
ou ne saura jamais
10 décembre 2009
oh mon amour
je crois ne plus aimer
j'ai cru
mais je m'ennuie déjà
face à mon inconsistance
je voudrai m'oublier un peu
tellement je suis
un traitre à mon idée
c'est étrange cette impression de déjà connu
de savoir ce qui se passera si l'on continue ainsi
être accompagné
pourquoi ne pas être seul
pourquoi avoir si peur de la solitude
n'est-ce pas que l'on a peur du manque ?
manque de reconnaissance
manque de l'altérité
mais l'on n'a rien à partager
rien à donner finalement
que notre temps
que notre force
et rien en échange
sinon des sourires
des caresses
des remerciements
des signes de la reconnaissance
je m'en moque bien finalement de l'altérité
j'ai déjà trop appris
il me faudrait juste me poser là
et attendre
que le monde se fende
et qu'il m'ensevelisse
07 décembre 2009
après ces chemins de traverse
reprendre la route lisse
enrubannée de gris
se dressent les pavillons
monotones verrues
inutiles d'habitudes
j'aimerai mieux l'exil
mais n'ai pas le courage
de redire encore non
